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Histoire des irradiés pour la France

Histoire des irradiés pour la France
Sans aucun esprit de couleur politique il sera traité ici des conséquences humaines relatives aux manquements du devoir de sécurité et protection par l'Etat Français envers les personnels ayant participé aux essais nucléaires de la France pendant la période de 1960 à 1996.
Pendant cette longue période au cours de laquelle se sont déroulés 210 essais tous les Gouvernements, quelques soient leurs appartenances politiques, sont responsables devant des Citoyens qui ont loyalement servie la France dans les moments où elle en avait besoin pour permettre son indépendance de défense et donc sa liberté.
Le sujet n'est absolument pas d'être pour ou contre le nucléaire mais de faire connaître à l'opinion publique les manquements de l'employeur "Etat Français" à ses obligations de sécurité vis à vis de la santé de ses employés et de faire reconnaître la responsabilité juridique et morale de l'Etat pour permettre les indemnisations et la reconnaissance officielle des Vétérans Français atteints dans leurs chairs (et les familles de disparus trop tôt par cancers) sans qui la France n'aurait pu obtenir sa liberté et son libre arbitre dans le monde.

Bien que le nombre des civils et militaires qui ont participé aux essais nucléaires de la France, entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1996, n'ait jamais été rendu public on estime à 150.000 le nombre de personnes qui ont assisté aux 210 essais nucléaires français. Une première étude médicale réalisée par les associations sur 720 vétérans montre que 30% d'entre eux sont atteints de cancers, contre 17% de la population nationale du même âge !

Nombreux sont ceux qui font état de graves problèmes de santé, notamment cancéreux, mais aussi ophtalmologiques et cardiovasculaires. Les mêmes problèmes de santé se retrouvent aussi bien chez les personnes militaires, les civils du CEA et des entreprises sous traitantes d'origine métropolitaine, que chez nos citoyens de Polynésie française ou encore chez les populations qui ont été employées dans les sites algériens du Sahara.
De plus, des informations alarmantes font également état de problèmes sanitaires inexpliqués dans les populations vivant à proximité des anciens sites d'essais nucléaires français, notamment celles des oasis proches de Reggane et des îles et atolls polynésiens proches de Mururoa et Fangalaufa.
Contrairement à ce qui est avancé habituellement par les autorités françaises, les conséquences des expériences nucléaires sur la santé sont loin d'être négligeables. Les témoignages abondent de vétérans ou d'anciens travailleurs décédés dans la force de l'âge de pathologies que certains médecins n'hésitent pas à attribuer à la présence de leur patient sur un site d'essais nucléaires.
Des dizaines de vétérans ont, depuis des années, engagé des procédures en justice pour obtenir droit à pension ou à indemnisation en réparations aux préjudices qu'ils attribuent aux essais nucléaires. La plupart des procédures se terminent en fin de non recevoir, les autorités judiciaires exigeant du plaignant la preuve scientifique du lien entre son état de santé actuel et sa participation à des essais nucléaires.
Les mêmes pathologies se retrouvent chez les vétérans et les populations qui ont vécu à proximité des sites d'essais nucléaires des autres puissances. C'est le cas notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, mais aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Fidji.
Dans ces différents états, les gouvernements ont pris des dispositions concrètes pour faire droit aux revendications de leurs ressortissants. Ainsi, depuis la fin des années 1950, les Etats-Unis ont mis en place un suivi médical spécifique des populations des îles Marshall et ont créé un fonds d'indemnisations pour les populations déplacées de ces atolls. Le 25 avril 1988, le Sénat américain a adopté une loi d'indemnisation des vétérans exposés aux radiations, en établissant la présomption d'un lien avec le service pour des maladies dont souffrent les vétérans ayant été exposés aux radiations. Cette loi américaine, révisée en août 2001, a ainsi défini une liste de dix-huit maladies cancéreuses. En Nouvelle-Zélande, le gouvernement a mis en route, en septembre 2001, une étude sur un groupe de cent vétérans utilisant la méthode des tests radiobiologiques, permettant d'affirmer l'exposition aux radiations. Un système de prise en charge des vétérans et de leurs descendants a également été mis en place. Le gouvernement australien a publier en août 2001, la liste nominative des personnes affectées aux essais britanniques sur son territoire (environ 16 500). Il a également accordé un budget de 500 000 dollars pour des études épidémiologiques et radiobiologiques. Le gouvernement britannique a décidé de réviser ses propres études épidémiologiques.

La France n'a toujours rien reconnu !!!

Vérité et justice : une loi pour les victimes des essais nucléaires

Bien que la France ait arrêté ses expériences nucléaires le 27 janvier 1996 et démantelé le Centre d'expérimentation nucléaire du Pacifique, les conséquences sanitaires subies par les personnels et par les populations proches des anciens sites d'essais continuent toujours à se développer. Dans les pays ayant un système démocratique semblable au nôtre et affectés par les conséquences de leurs essais nucléaires, des actions et des législations spécifiques ont été mises en place :

- les États-Unis ont adopté depuis plusieurs dizaines d'années un ensemble législatif (régulièrement mis à jour) accordant des réparations aux vétérans et aux populations voisines des sites des Marshall et du Nevada ;
- le Royaume-Uni dispose également d'une législation spécifique pour ses vétérans ;
- l'Australie a commandité officiellement une étude de santé sur les Australiens qui avaient participé aux essais britanniques et un système de réparation a été négocié avec Londres pour indemniser les populations aborigènes ;
- la Nouvelle-Zélande finance une étude sur l'ADN de ses vétérans des essais permettant de déterminer d'éventuelles lésions du système génétique. Elle a également mis en place un suivi sanitaire spécifique gratuit pour les enfants de vétérans.

Nous considérons que toute expérience nucléaire produit les mêmes effets sur l'être humain et son environnement biologique, qu'elle soit américaine, soviétique, anglaise, chinoise ou... française !

Nous pensons que la France s'honorerait en assumant ses responsabilités vis-à-vis de tous ceux qu'elle a exposés à ses expériences nucléaires.


Voir le tir nucléaire Français "CANOPUS" en Polynésie le 24.08.1968 atoll de Fangataufa Puissance plus de 1000 kilo-tonnes
(admirez le manque de protection des personnels !!!)

Plein les yeux ! Voir une vidéo de compilation d'essais nucléaires internationaux

(Attention : Haut débit requis)

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Après avoir effectué 17 expériences nucléaires au Sahara entre le 13 février 1960 et 16 février 1966, la France a effectué en tout 193 essais nucléaires en Polynésie entre 1966 et 1996. On compte, parmi ces 193 essais, 41 essais atmosphériques qui, entre 1966 et 1974, ont été réalisés malgré le traité d'interdiction des expériences dans l'atmosphère, signé en 1963 par les Etats-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni. Parmi les 152 essais souterrains réalisés dans le sous-sol des atolls de Moruroa et Fangataufa, on compte 12 tirs dits " de sécurité " pour lesquels la réaction en chaîne ne s'est pas produite et destinés à vérifier la fiabilité des têtes nucléaires.

Le premier essai nucléaire français en Polynésie a été réalisé le 2 juillet 1966 au-dessus de l'atoll de Moruroa. Le dernier essai a été réalisé le 27 janvier 1996 dans les profondeurs de l'atoll de Fangataufa.

La France a décidé en 1996 de fermer ses sites d'essais nucléaires en Polynésie et la dissolution de la Direction des Centres d'Expérimentation nucléaire (DIRCEN) a été effective à la fin juillet 1998.

La France a signé le traité d'interdiction totale des essais nucléaires le 26 septembre 1996.

Les deux " atolls nucléaires "

Les atolls de Moruroa et de Fangataufa ont été cédés gratuitement en toute propriété à l'État français par le Territoire de Polynésie par délibération n° 64-27 du 6 février 1964, rendue exécutoire par arrêté n° 290/AA/DOM du 8 février 1964. Ces deux textes ont été publiés au Journal Officiel de la Polynésie Française du 29 février 1964.

La délibération n° 64-27 écrit notamment : " Au cas de cessation des activités du centre d'expérimentation du Pacifique, les atolls de Moruroa et de Fangataufa feront d'office retour gratuit au domaine du territoire dans l'état où ils se trouveront à cette époque, sans dédommagement ni réparation d'aucune sorte de la part de l'État.

Les bâtiments qui s'y trouveront édifiés à cette même époque, ainsi que le matériel laissé sur place, deviendront la propriété du territoire, sans indemnité "

En fait, après la fin des essais en 1996, la France a décidé de garder la propriété des atolls de Moruroa et Fangataufa où ont été installés des systèmes de surveillance radiologiques et géologiques. En 2001, les deux atolls sont sous statut de terrain militaire français et sont interdits aux civils. Une petite unité militaire française (une trentaine de soldats) est installée à Moruroa et est chargée de l'entretien des appareils de mesure et de communication et d'empêcher les intrusions éventuelles.

Les essais nucléaires français et leurs conséquences sur la santé et l'environnement

La période des essais atmosphériques (1966-1974) a été particulièrement nocive en raison des retombées radioactives qui ont été mesurées par des laboratoires néo-zélandais et australiens aux limites de la Polynésie française. La France a toujours affirmé publiquement la parfaite innocuité de ses expériences atmosphériques. Néanmoins, pour les besoins de l'expertise commandée par le gouvernement français à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, le ministère de la défense français a reconnu que plusieurs expériences avaient dépassé les doses admises.

Date de l'essai Lieu de l'exposition Dose reçue en mSv

2 juillet 1966 Iles Gambier 5,5

2 juillet 1967 Atoll de Tureia 0,9

12 juin 1971 Atoll de Tureia 1,3

8 août 1971 Iles Gambier 1,2

17 juillet 1974 Tahiti (Mahina) 0,8

Note : la dose annuelle admise est de 1 mSv. Il y a eu en tout 6 essais en 1966, 3 essais en 1967, 5 essais en 1971, 9 essais en 1974.

Les essais souterrains réalisés dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Moruroa et Fangataufa n'ont pas été réalisés dans des conditions parfaites de sécurité tant pour les personnels que pour l'environnement. Plusieurs accidents ont été signalés dont l'un des plus graves est celui du 5 juillet 1979 lors de l'explosion de la cuve Meknes sur l'atoll de Moruroa. De plus, le rapport de l'AIEA signale que les expériences de sécurité ont entraîné une contamination en surface dans la zone nord de l'atoll de Moruroa et qu'au moins 4 essais souterrains effectués à une faible profondeur ont provoqué des fuites de gaz radioactifs. Des fuites de gaz radioactifs (tritium notamment) ont été mesurées par l'AIEA en 1996.

Au milieu des années 1980, un registre du cancer a été mis en place en Polynésie, mais ses données ne sont considérées comme fiables qu'à partir de 1988. Le registre montre que la Polynésie présente un des plus forts taux d'incidence du cancer de la thyroïde chez les femmes.

En 1996 et 1998, le gouvernement français a fait réaliser des études sur l'incidence et la mortalité par cancer en Polynésie par l'Institut nationale de la santé et de la recherche médicale (INSERM) dont les résultats ont été utilisés pour affirmer l'innocuité des essais nucléaires de la France.

Liste des essais aériens. Date, Nom de code, Localisation, Mode de tir, Objectif, Puissance (en kilo-tonnes de TNT) :

2 juillet 1966 Aldébaran Mururoa barge AN52 < 200
19 juillet 1966 Tamouré Fangataufa Mirage IV AN11 < 200
21 juillet 1966 Ganymède Mururoa tour sécurité nulle
11 septembre 1966 Bételgeuse Mururoa ballon 600 m MR31 < 200
24 septembre 1966 Rigel Fangataufa barge fission dopée < 200
4 octobre 1966 Sirius Mururoa barge fission dopée < 1000
5 juin 1967 Altaïr Mururoa ballon militaire < 5
27 juin 1967 Antarès Mururoa ballon fission dopée < 200
2 juillet 1967 Arcturus Mururoa barge fission dopée < 200
7 juillet 1968 Capella Mururoa ballon militaire < 200
15 juillet 1968 Castor Mururoa ballon MR 41 f. < 1000
3 août 1968 Pollux Moruroa ballon MR 41 < 200
24 août 1968 Canopus Fangataufa ballon militaire > 1000
8 septembre 1968 Procyon Mururoa ballon militaire > 1000
15 mai 1970 Andromède Mururoa ballon militaire < 20
22 mai 1970 Cassiopée Mururoa ballon TN 60 < 1000
30 mai 1970 Dragon Fangataufa ballon militaire < 1000
24 juin 1970 Eridan Mururoa ballon militaire < 20
3 juillet 1970 Licorne Mururoa ballon TN60 < 1000
27 juillet 1970 Pégaze Mururoa ballon militaire < 20
2 août 1970 Orion Fangataufa ballon militaire < 200
6 août 1970 Toucan Mururoa ballon militaire < 1000
5 juin 1971 Dione Mururoa ballon AN 51 < 20
12 juin 1971 Encelade Mururoa ballon MR 41 f. dopée < 1000
4 juillet 1971 Japet Mururoa ballon TN 60 < 20
8 août 1971 Phoebe Mururoa ballon TN 60 < 20
14 août 1971 Rhéa Mururoa ballon TN 60 < 1000
25 juin 1972 Umbriel Mururoa ballon TN 60 < 20 kt
30 juin 1972 Titania Mururoa ballon TN 60 < 20
29 juillet 1972 Oberon Mururoa ballon TN 60 < 20
31 juillet 1972 Ariel Mururoa tour sécurité TN 60 ? nulle
21 juillet 1973 Euterpe Mururoa ballon TN 60 < 20
28 juillet 1973 Melpomene Mururoa ballon TN 60 ? < 20
18 août 1973 Pallas Mururoa ballon TN 60 ? < 20
24 août 1973 Parthenope Mururoa ballon TN 60 ? < 20
28 août 1973 Tamara Mururoa Mirage III AN 52 < 20
13 septembre 1973 Vesta Mururoa tour sécurité ,nulle
16 juin 1974 Capricorne Mururoa ballon TN 70 ? < 20
1er juillet 1974 Bélier Mururoa tour sécurité nulle
7 juillet 1974 Gémeaux Mururoa ballon TN 70 ? < 1000
17 juillet 1974 Centaure Mururoa ballon TN 80 ? < 20 kt
25 juillet 1974 Maquis Mururoa Jaguar A AN 52 < 20
28 juillet 1974 Persée Mururoa tour sécurité nulle
15 août 1974 Scorpion Mururoa ballon militaire < 200
24 août 1974 Taureau Mururoa ballon militaire < 20
14 septembre1974 Verseau Mururoa ballon TN 60 ? < 1000

De 1975 à 1996, la France a réalisé 146 essais souterrains en Polynésie. Ils ont été réalisés dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Mururoa et Fangataufa.


Forum des Cobayes de la République



# Posté le mardi 24 janvier 2006 10:27
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 06:37

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