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Commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie Française

Commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie Française
L'Assemblée de Polynésie a décidé en août 2005 d'une enquête sur les conséquences des essais nucléaires de la période des essais atmosphériques en Polynésie (1966-1974). Cette commission avait 6 mois pour présenter son rapport à l'Assemblée. Le temps imparti prend fin ce mois de janvier 2006. Les membres de la Commission d'enquête sont tous des élus(es) de l'Assemblée de Polynésie, sous la Présidence de Madame Unutea Hirshon.

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La commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie Française sur les essais nucléaires rendra ses conclusions le 26 janvier 2006

(Tahitipresse) - 03/01/2006 - La commission d'enquête sur les conséquences des essais nucléaires, mise en place en juillet dernier par l'Assemblée de Polynésie française, devrait rendre ses conclusions le 26 janvier prochain. Pour le moment, aucun élément sur les conclusions de la commission n'a été rendu public.
"Les conclusions finales de la commission d'enquête seront déposées le 26 de ce mois à l'Assemblée de Polynésie. Elle seront rendues publiques et ce sera l'occasion pour ses membres de faire une présentation des points forts de ce rapport", a expliqué Christophe Zebrowski, conseiller technique auprès de la commission permanente.Pour l'heure, "la synthèse du rapport est en train d'être formulée" et celle-ci est donc soumise à "la confidentialité".
Toutefois, divers médias anglo-saxons ont évoqué, ces jours-ci, les conclusions à venir en interrogeant notamment Roland Oldham, le président de l'association "Morurua e Tatou", qui regroupe d'anciens travailleurs, civils comme militaires, ayant exercé sur les sites nucléaires français en Polynésie.
Ainsi, dans le journal anglais "The Observer", Roland Oldham explique qu'aujourd'hui "plus de 600 cas de cancers sont détectés chaque année" en Polynésie et que plus de "250 décès" annuels pouvaient être imputés aux "essais nucléaires"."Ce qu'il dit n'engage en rien la commission d'enquête qui est une entité bien à part et totalement indépendante de 'Moruroa e Tatou'. C'est très important de le souligner", a cependant tenu à rappeler Christophe Zebrowski.
Durant près de six mois, les membres de la commission ont oeuvré sur le sujet et ont fait appel, notamment sur le plan scientifique, à la Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur les Radiations (CRIIRAD).
La commission d'enquête s'est rendue, début octobre 2005, dans l'archipel des Gambier où se situent des îles proches des anciens sites nucléaires de Moruroa et Fangataufa (archipel des Tuamotu), toujours placés sous la responsabilité de l'armée française. Les essais nucléaires français se sont déroulés sur ces deux îles de 1966 à 1996.

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Assemblée de la Polynésie française Commission d'enquête sur les conséquences des essais nucléaires

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Papeete, le 20 janvier 2006

« Dix ans après la fin des essais nucléaires, les élus polynésiens veulent se faire entendre »

Le 27 janvier 1996, la France arrêtait définitivement ses essais nucléaires en Polynésie française. Dix ans après, les élus de l'Assemblée de la Polynésie française publient le rapport de leur Commission d'enquête sur les conséquences des essais aériens de 1966 à 1974.
« Nous sommes scandalisés par l'absence de coopération et le mépris du ministère de la Défense et des responsables de l'État à l'égard des représentants élus de la Polynésie », déclare Madame Unutea Hirshon, présidente de la Commission. En effet, tous les courriers et demandes de documents ou de visite des sites nucléaires envoyés au ministère de la Défense par la Commission n'ont reçu de réponse, ni même un accusé de réception. « Malgré toutes ses déclarations de transparence, le ministère de la Défense a-t-il encore des secrets à cacher aux Polynésiens ? » s'étonne Madame Hirshon.

Le rapport de la Commission d'enquête qui sera rendu public la semaine prochaine démontrera en effet que les secrets bien cachés par les autorités qui ont effectué les essais ont menti sciemment aux Polynésiens et au peuple français en affirmant que leurs essais étaient propres. Le rapport apporte la preuve, documents à l'appui, que les essais aériens ont provoqué systématiquement des retombées radioactives sur l'ensemble des archipels habités de la Polynésie.

« Comment s'étonner qu'aujourd'hui en Polynésie nous ayons un taux parmi les plus élevés au monde de cancer de la thyroïde ? Comment s'étonner aujourd'hui que les experts médicaux constatent que certaines leucémies, considérées comme radio induites comme les leucémies aigües myéloïdes, soient en nombre quatre fois plus important en Polynésie que dans le reste du monde ? » déclare la Présidente de la Commission.

La Commission qui s'est rendue dans les îles et atolls habités proches de Moruroa a été scandalisée par ce qu'ils ont pu voir : des zones dévastées, des amas de ruines et de déchets proches des lieux d'habitation des insulaires, des populations laissées sans contreparties en infrastructures qui auraient pu compenser trente ans d'occupation militaire...

« La France peut se glorifier d'avoir arrêté ses essais nucléaires depuis dix ans et se donner bonne conscience devant la communauté internationale. Les Polynésiens subissent encore aujourd'hui le mépris et l'ingratitude de la Métropole qui a acquis son rang parmi les nations en se servant des atolls polynésiens. Dix ans après la fin des essais il est temps qu'un dialogue dans la vérité et la justice s'instaure entre l'État français et la Polynésie. »

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Le rapport de la Commission d'enquête sur les conséquences des essais nucléaires aériens met la France face à ses responsabilités

Papeete, le 25 janvier 2006

La Commission d'enquête sur les conséquences des essais aériens français en Polynésie mise en place en juillet 2005 par l'Assemblée de la Polynésie française a rendu son rapport mardi 24 janvier 2006, dix ans après le dernier essai effectué à Fangataufa le 27 janvier 1996.
Dans leur rapport, les élus polynésiens apportent les preuves que les 46 expériences aériennes qui se sont déroulées de 1966 à 1974 ont, à chaque tir, provoqué des retombées radioactives sur l'ensemble des archipels habités de la Polynésie, contrairement à ce qu'ont toujours affirmé les autorités militaires françaises.

Le ministère de la Défense qui se targue aujourd'hui d'une volonté de transparence a refusé tout contact et toute collaboration avec la Commission d'enquête. Pour répondre à ce silence officiel, la Commission d'enquête a décidé de contribuer par elle-même à la transparence sur les essais nucléaires aériens. Grâce à des contributions indépendantes, la Commission publie 25 documents militaires secrets des années 1966 et 1967 dans leur version intégrale. Ces documents démontrent à l'évidence que non seulement les autorités militaires ont menti sur la réalité des retombées radioactives, mais qu'elles ont, par ordre, intimé le silence sur les dangers auxquels ont été exposés les habitants des îles et atolls proches de Moruroa.

Les élus polynésiens considèrent aujourd'hui que leur population a été sciemment abandonnée aux retombées radioactives des explosions nucléaires que les militaires affirmaient maîtriser. Les graves problèmes de santé « cancers de la thyroïde, leucémies et autres cancers » que subissent aujourd'hui les Polynésiens doivent être examinés au regard de ces risques inconsidérés auxquels ils ont été exposés.

La Commission d'enquête qui a auditionné plus de 35 personnalités des mondes politique, médical ou professionnel, consulté de nombreux rapports médicaux et reçus de nombreux courriers estime que certaines promesses de développement faites aux élus polynésiens en contre partie des essais nucléaires n'ont pas été honorées. Aujourd'hui, le développement durable de la Polynésie reste encore à réaliser.

Les élus de l'Assemblée de Polynésie française recommandent au gouvernement de Monsieur Oscar Temaru de poursuivre sa propre analyse de trente ans d'essais nucléaires et de mettre en oeuvre des moyens pour qu'un suivi sanitaire des anciens travailleurs de Moruroa et des populations des îles proches des anciens sites d'essais soit assuré.
Ils recommandent qu'une concertation entre le gouvernement de la Polynésie française et les autorités de l'Etat français soit organisée pour tenter de résoudre dans la vérité et la justice le contentieux des essais nucléaires.

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La Présentation à l'Assemblée Nationale du Rapport de la Commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie sur les essais nucléaires se fera par la Commission le mardi 21 février 2006 de 9 à 13 heures à Paris (rue de l'Université). La présidence sera assurée par Mme Christiane Taubira, députée de la Guyane.
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Commission d'enquête sur les essais nucléaires: "des retombées ont touché Tahiti après chaque tir aérien"

(Tahitipresse) - Selon le rapport de la commission d'enquête sur les essais nucléaires, rendu public par la presse locale, les essais nucléaires aériens effectués en Polynésie française de 1966 à 1974 ont eu des retombées à Tahiti. L'Etat aurait, selon ce rapport, minimisé, voire dissimulé, les effets des essais.

Le rapport ne devrait être débattu en séance pleinière à l'Assemblée de Polynésie que le 9 février prochain. Néanmoins, les grandes lignes de ce rapport sont déjà connues et annoncent, par exemple, qu'il "n'est pas exagéré de penser que des retombées ont eu lieu sur Tahiti à l'occasion de chaque tir aérien".
Des extraits publiés dans "La Dépêche de Tahiti", mercredi matin, insistent sur l'importance et le déplacement du nuage radioactif dans le cas de plusieurs tirs, comme le tir "Aldebaran" du 2 juillet 1966 ou le tir "Centaure" du 17 juillet 1974.
Le rapport fait le lien avec les cas de cancers relevés en Polynésie, en mettant entre autres en exergue l'enquête de l'INSERM toujours en cours.
Selon "La Dépêche de Tahiti", le rapport dans ses conclusions préconise la mise d'une nouvelle commission d'enquête qui s'intéressait cette fois à la période des essais nucléaires souterrains, effectués de 1974 à 1996 à Moruroa et Fangataufa (archipel des Tuamotu). Et le quotidien d'ajouter: "Elle demande aussi que la rente du nucléaire, autrement dit la DGDE et ses 18 milliards Fcfp (150 840 000 euros), soit renégociée à la hausse au vu des éléments apportés par le rapport".

Travaux de Bruno Barillot et de la CRIIRAD

Dans ces mêmes conclusions, "Les Nouvelles" relèvent également la création "d'un centre d'archives et de la mémoire des essais nucléaires mis à la disposition du public", un "laboratoire d'analyses radiologiques" ou encore une "cellule de suivi médico-social" des populations.
La commission s'est notamment appuyée sur les travaux de Bruno Barillot, directeur du Centre de documentation et de recherche sur la paix des conflits" et de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) qui avait fait des prélèvement, en octobre, dans l'archipel des Gambier, à l'Est de la Polynésie française.
La commission n'a cependant pas eu accès aux documents classés secret-défense sur les essais nucléaires réalisés en Polynésie.
Présidée par Tea Hirshon (UPLD, Union pour la démocratie, formation du président de la Polynésie Oscar Temaru), la commission d'enquête sur les essais nucléaires comprend officiellement douze membres, dont Jacky Bryant et Hiro Tefaarere, de l'UPLD, mais aussi Nicole Bouteau (No Oe e Te Nunaa, parti autonomiste), qui siège parmi les non-inscrits à l'Assemblée de Polynésie.
Mais les cinq élus du Tahoeraa huiraatira (opposition autonomiste, parti de l'ancien président de la Polynésie Gaston Flosse) nommés dans cette commission n'ont pas participé à l'élaboration du rapport.
Le Tahoeraa et l'Etat avait, dès sa création, au mois de juillet dernier, contesté la légitimité de la commission. Le référé sur ce point a été rejeté par le Tribunal administratif de Papeete fin 2005.
Le dernier essai nucléaire sur les sites de Moruroa et Fangataufa s'est déroulé fin janvier 1996.

***** Voir le résumé et les recommandations de la Commission dans le dossier de presse ici au format pdf en cliquant sur ce lien

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Assemblée de la Polynésie française: les résultats de la commission sur les essais nucléaires connus jeudi 9 février 2006

Les représentants de l'Assemblée se réuniront, jeudi 9/02/2006, en session extraordinaire. A l'ordre du jour, des dossiers d'importance dont le très attendu rapport de la commission d'enquête sur les conséquences des essais nucléaires aériens qui se sont déroulés de 1966 à 1974.

Le temps de parole prévu pour la discussion générale portant sur ce dossier sera de l'ordre de 120 minutes au cours desquelles majorité et opposition discuteront des travaux de la commission d'enquête présidée par Unutea Hirshon.
Le texte de 400 pages fixera des recommandations au gouvernement qui aura la charge de les mettre en application.
Toutefois, "ce rapport n'est pas une finalité mais une étude préliminaire", comme l'a souligné Unutea Hirshon qui explique que la commission n'a de toute façon pu avoir accès à l'ensemble des informations sur le sujet. En effet, l'Armée a refusé d'ouvrir ses archives et les sites de Moruroa et Fangataufa (archipel des Tuamotu) sont toujours sous la responsabilité de la "grande muette".
Quoi qu'il en soit, pour la présidente de la commission, "il y a de fortes chances que tous les essais dans l'atmosphère aient provoqué des retombées" sur l'ensemble du territoire.

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07/02/2006
Hunatea Hirshon attend "des preuves" de la volonté de transparence de l'Etat

(Tahitipresse) - La présidente de la commission d'enquête parlementaire sur les essais nucléaires, Hunatea Hirshon, a rencontré, mardi matin, le délégué à la Sûreté nucléaire Marcel Jurien de la Gravière. Si Tea Hirshon s'est dite "satisfaite" de cette "visite protocolaire", elle demande toutefois à l'Etat de donner la "preuve de ses bonnes intentions".

"Nous avons simplement regretté qu'il ne soit pas venu nous rencontrer avant la fin de nos travaux, mais M. Jurien de la Gavière nous a indiqué que sa hiérarchie lui avait interdit de communiquer plus tôt", a expliqué l'élue UPLD (Union pour la démocratie, coalition menée par Oscar Temaru) à l'Assemblée de Polynésie française, Tea Hirshon.
Lors de cette rencontre, Marcel Jurien de la Gravière a souhaité une collaboration renforcée entre les autorités de la Polynésie française et de l'Etat.
"Nous sommes comme Saint Thomas : nous attendons de voir pour croire aux bonnes intentions de l'Etat", a déclaré Tea Hirshon à ce sujet.
Interrogée sur la visite de l'atoll de Moruroa, proposée aux élus par la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie dans une lettre à la députée polynésienne Béatrice Vernaudon, Hunatea a indiqué attendre la confirmation de cette invitation par le Délégué à la sûreté nucléaire.
"Il faut savoir dans quelles conditions s'effectuera cette visite. Pas question pour nous de faire du tourisme", a-t-elle lancé.
Estimant que l'Etat ne pouvait pas "faire autrement que de collaborer", l'élue s'est refusée à commenter plus longuement cette proposition de visite de Moruroa.
"Il y a d'autres choses à discuter. Nous attendons toujours une réponse concernant certains documents que nous avons demandés à la Défense", a-t-elle conclu.
Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les essais effectués à Moruroa entre 1966 et 1974, dont certains extraits ont déjà filtré dans la presse, doit être présenté jeudi à l'Assemblée de Polynésie française.
Il sera ensuite transmis au Conseil d'orientation, instance créée par le gouvernement afin de mettre en application les recommandations de la commission.

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Présentation du rapport de la Commission sur les essais nucléaires - Intervention de Nicole Bouteau, Députée du Parlement de Polynésie

10-02-2006

Assemblée de Polynésie française

La Représentante

Séance Extraordinaire du jeudi 9 février 2006

Rapport de la commission d'enquête chargée de recueillir tous éléments d'informations sur les conséquences sanitaires, environnementales, économiques et sociales des expérimentations nucléaires atmosphériques en Polynésie française de 1966 à 1974.

Discussion générale

Tout d'abord, en préambule de mon intervention, je souhaite saluer le travail réalisé par la commission d'enquête sur les essais nucléaires atmosphériques réalisés en Polynésie française de 1966 à 1974. Je salue plus particulièrement le travail de collecte d'information, de recherche, d'auditions mené par les élus mais surtout par les collaborateurs de la Commission permanente et Monsieur Bruno Barillot.

J'estime pour ma part que la méthodologie adoptée par la commission a permis en 6 mois la réalisation d'un rapport qui est une source d'information considérable sur cette période de notre histoire. Il aura été notamment intéressant, voir émouvant, d'entendre ou de lire les témoignages, avec le recul du temps, d'acteurs de la vie politique ou de la société civile polynésienne.

Je souhaite à ce sujet vous livrer un passage de l'audition de Monsieur Jacques Denis DROLLET entendu par la commission le 13 septembre dernier qui nous disait, je cite :

« J'étais à Paris (Monsieur JD DROLLET faisait référence à la période qui a précédé la décision officielle d'installer le CEP en Polynésie française), en mission pour quémander quelques millions de francs, afin d'équilibrer notre budget territorial. J'ai sollicité à l'époque un total d'environ 30 millions. Dès que Foccart a appris que mes bons amis de l'AT m'avaient nommé rapporteur de ce dossier épineux, il me pria de me rendre à l'Elysée. Et là j'ai rencontré le Général De Gaulle qui me fit comprendre que pour les intérêts suprêmes de la nation, il était prêt à décréter que la Polynésie Française deviendrait « territoire stratégique militaire », doté d'un gouvernement militaire si nous n'accédions pas à sa demande de transfert. Et comme ce Général n'a pas la réputation de plaisanter, j'ai pris la menace ou le chantage au sérieux.

Nous avions précédemment tellement lutté ... pour nos acquis démocratiques que dans mon esprit, je conçus de lâcher du lest pour éviter le trouble d'un gouvernement militaire. ...Nous nous sommes bagarrés pour que tous les polynésiens aient la citoyenneté. Et tous les acquis démocratiques l'ont été de longues luttes... Et quand le général de Gaulle me dit, qu'il nous colle un gouvernement militaire si vous n'êtes pas gentil, alors à ce moment là je commence à avoir des frissons, parce que j'ai profondément conscience du rôle que je peux jouer dans ces circonstances. Je suis éducateur, j'ai été politicien, je n'ai pas hésité un instant. »


Ainsi de 1966 à 1996, la Polynésie française, comme l'Algérie, a permis à la France de disposer de l'arme nucléaire, de l'arme dite de dissuasion au service de la Paix. Elle a permis à la France d'avoir les moyens de son indépendance et de sa sécurité dans un contexte de guerre froide et face à des super puissances que sont encore les Etats-Unis et l'URSS qui maîtrisaient déjà l'arme atomique.

Certains de nos interlocuteurs dans le cadre de cette enquête, ont pu nous dire que la Polynésie, en contrepartie de cette participation, a pu bénéficier d'un formidable développement économique et social.

J'y mettrai pour ma part un bémol car si effectivement la Polynésie, comme d'autres collectivités française, a bénéficié d'apports considérables notamment sur le plan de la santé, de l'éducation ou du désenclavement des archipels, il reste néanmoins d'autres constats beaucoup moins positifs.

Tout le monde en convient aujourd'hui, la société polynésienne a subi une importante mutation. Nous sommes passés en quelques décennies d'une société traditionnelle de production à une société moderne de consommation.

Ce développement rapide a-t-il été accompagné par les hommes et les femmes de ce pays, ce développement s'est-il appuyé sur cette richesse qu'est notre ressource humain ? Je n'en suis pas si sûre.

Aujourd'hui, la fracture sociale est importante, le déséquilibre entre Tahiti et les autres archipels est flagrant : 75% des polynésiens résident sur les IDV... Nombreux sont les pères de famille qui se sont tournés vers les emplois qu'offraient le CEA et le CEP laissant ainsi leurs activités traditionnelles de pêche ou d'agriculture.
Le passage obligé était Tahiti.

Même si ce rapport de la commission d'enquête est un retour nécessaire sur notre passé, il se tourne aussi vers l'avenir et c'est aussi ce que je souhaite retenir. Il nous faut connaître notre passé lointain mais également proche pour mieux appréhender l'avenir. C'est comme cela que je vois les choses.

Je pense que l'Etat doit nous aider dans cette quête et qu'il a un devoir de transparence, d'information sur ces pages de notre histoire.

Il faut répondre aux légitimes préoccupations des populations et des anciens travailleurs.

Quelles sont ces préoccupations ?

Elles sont essentiellement d'ordre sanitaire, environnemental et social. Sur ce dernier point par exemple, j'ai appris au cours de l'enquête ainsi que le soulignait ce matin Mme Hirshon que de nombreux personnels travaillant pour des entreprises sous-traitantes du CEA ne bénéficiaient pas de protection sociale. Cela aussi doit être réparé.

Pour conclure, j'émets le souhait que les signes positifs mais récents en provenance de l'Etat ne seront pas que de l'affichage car ce ne serait pas acceptable.

Je demande solennellement aux autorités de la république de tenir compte des préoccupations, des attentes fortes des polynésiens et d'avoir une attitude transparente sur l'ensemble de ce dossier et sur toute la période des essais nucléaires. Seul un partenariat permettra de lever les doutes et de prendre toutes les dispositions et mesures nécessaires au suivi des recommandations faîtes par la commission.

Je terminerai mon propos en disant qu'il nous avancer à grand pas sur ce dossier car la PF et l'Etat n'ont aucun intérêt à ce que l'écho médiatique soit durable et négatif tant au niveau national qu'international.

Vous comprendrez, je pense le sens de mon propos. Il en va aussi du développement futur de la Polynésie.

Je vous remercie de votre attention.

Nicole BOUTEAU

NDLR : M. Jacques Denis Drollet est l'oncle de M. Jacqui Drollet, Vice-Président du Gouvernement de la Polynésie française.

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07/02/2006
Le CESC demande à l'Assemblée nationale de reconnaître "les droits des victimes"

(Tahitipresse) - Les membres du CESC (Conseil économique, social et culturel) ont voté à l'unanimité, mardi matin, l'ouverture d'une étude sur les conséquences des essais nucléaires, visant à obtenir de l'Assemblée nationale une loi relative à "la reconnaissance par l'Etat des droits des victimes des essais et leur impact sur l'environnement, l'économie, la vie sociale et la santé publique en Polynésie française".

"Il ne s'agit pas de condamner tout le monde, il s'agit pour nous d'être reconnus", a déclaré le Père Joël Aumeran, membre du CESC.
A la demande du président de l'association "Moruroa e tatou" et membre du CESC, Roland Oldham, les conseillers ont donc ouvert une étude à l'issue de laquelle un rapport devrait être présenté aux élus de l'Assemblée de Polynésie française.
Ce rapport devrait permettre d'obtenir l'adoption, par le Parlement, d'une loi relative à l'indemnisation des victimes des essais, ainsi que la création d'une commission nationale chargée du suivi des populations qui vivent, ou ont vécu, à proximité des sites.
L'évaluation des risques sanitaires encourus par les populations nécessite cependant l'accès aux archives du ministère de la Défense (Paris).
Or le ministère de la Défense refuse l'accès à ces archives, par souci de ne pas diffuser à des pays voulant se doter de l'arme nucléaire des informations sensibles sur la technologie des bombes.
Les membres du CESC ont donc expressément demandé "la levée du secret-défense sur les documents ne concernant pas directement ou exclusivement les donnés relatives à l'arme nucléaire".

Une loi pour que la reconnaissance ne s'effectue plus "au cas par cas"

Selon le rapport de Roland Oldham, l'adoption d'une loi doit permettre "d'éviter des actions coûteuses et aléatoires devant les tribunaux".
"Des vétérans français de Moruroa ont bien été reconnus victimes des essais par les tribunaux, mais les Polynésiens travaillant à leurs côtés sur les sites, sans protection, n'ont, eux, jamais été reconnus par l'Etat", a déclaré la conseillère Alice Pratx.
Deux jours avant la présentation, à l'Assemblée de Polynésie, du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les conséquences des essais, le CESC a souhaité dresser un bilan complet de l'installation du Centre d'expérimentations du Pacifique (CEP).
"Il est impossible de parler des essais sans parler des effets sur l'environnement, le développement économique et les transformations de la société polynésienne", a estimé le conseiller Jean-Michel Garrigues.
L'étude devrait donc comporter trois volets, l'un sur les victimes de pathologies, l'autre sur l'impact économique et social de l'installation du CEP et le dernier relatif aux conséquences des essais sur l'environnement.
Entre 1966 et 1974, 193 essais nucléaires ont été réalisés, dont 41 essais atmosphériques, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa.
Selon les chiffres publiés en 2001 par le Comité de Polynésie française de la Ligue nationale contre le cancer, on dénombre chaque année 500 nouveaux cas de cancer et 250 décès dus au cancer en Polynésie, pour une population de 250 000 habitants.
Le taux de cancer de la thyroïde chez les femmes polynésiennes serait l'un des plus élevés du monde.

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08/02/2006
Essais nucléaires: Jean-Marc Regnault demande à consulter les archives de la Défense

(Tahitipresse) - L'historien Jean-Marc Regnault a demandé au délégué à la sûreté nucléaire Marcel Jurien de la Gravière, mardi soir lors d'un débat sur le nucléaire diffusé par la chaînede télévision polynésienne TNTV, l'autorisation de consulter les archives du ministère de la Défense (Paris).

Réagissant aux propos du délégué à la sûreté nucléaire, Marcel Jurien de la Gravière, qui annonçait vouloir dorénavant communiquer "sur tous les faits" relatifs aux essais nucléaires, Jean-Marc Regnault a officiellement demandé la permission de consulter les archives de l'armée.
L'historien, à qui le ministère de la Défense a déjà permis de consulter les archives du Centre d'expérimentations du Pacifique (CEP), a également émis l'idée de constituer un groupe d'experts indépendants de la commission d'enquête de l'Assemblée de Polynésie.
"Je comprends les réticences de l'Etat (...) Les noms des personnes payées par l'armée, pour que les hommes politiques polynésiens de l'époque se taisent, figurent dans ces documents. L'Etat sera peut-être plus en confiance avec des historiens s'engageant à ne pas dévoiler ces noms et qui chercheront uniquement des documents sur les risques liés à la contamination et aux ratages", a déclaré Jean-Marc Regnault.
Il est cependant peu probable que l'Etat accède à la demande de l'historien de consulter les documents postérieurs au premier tir nucléaire dans le Pacifique, en 1966.
En réponse à sa première demande officielle, effectuée en 1998, Jean-Marc Regnault n'avait en effet eu accès qu'aux archives de la période 1958-1966.
"Cela dit, la situation n'est plus la même aujourd'hui. M. de la Gravière a pris des notes lorsque j'ai exprimé le désir de consulter les documents de la Défense. Si j'ai son soutien, celui du gouvernement local ainsi que celui de quelques députés, sénateurs et personnalités haut placées à Paris, il est tout à fait possible qu'une dérogation me soit accordée", a précisé l'historien à Tahitipresse.

"Nous vivons un moment extraordinaire"

Soulignant qu'il s'agissait de la première confrontation "pacifique et productive" entre les opposants polynésiens aux essais nucléaires et les représentants de l'Etat français, Jean-Marc Regnault a estimé que le moment était "extraordinaire".
De fait, si les élus UPLD (Union pour la démocratie) continuent à se heurter aux vétérans de la Légion étrangère, qui se disent "fiers" de ce qu'ils ont fait à "Muru" et qui estiment qu'il n'y a pas de quoi "se battre la coulpe et compter les gens malades", le délégué à la sûreté nucléaire affiche, pour sa part, une volonté de transparence tout à fait nouvelle.
"Si vous lisiez ces documents (ndlr, les archives de la Défense), vous sauteriez au plafond (...) Ce qui est écrit dedans est intolérable. Cela dit, ces documents sont des compte-rendus, pas des décisions", a ainsi indiqué Marcel Jurien de la Gravière au président de l'association antinucléaire "Moruroa e tatou", Roland Oldham.
"L'Etat reconnaît maintenant six ratages lors des essais nucléaires. Il serait plus élégant de la part de M.de la Gravière de proposer à une commission d'experts, scientifiques et historiens, de regarder les archives plutôt que de consentir à donner quelques informations", a déclaré Jean-Marc Regnault à Tahiti Presse au lendemain du débat télévisé.

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Les cancers de Mururoa - l'Express du 13.03.2006

par Laurent Simon

Une étude soulève à nouveau la question des conséquences des essais nucléaires sur la santé des populations polynésiennes.

Les Polynésiens tiennent peut-être là l'une des preuves qu'ils attendaient. Dans une récente étude, des chercheurs de l'Institut Gustave-Roussy et de l'Inserm ont comparé le risque de voir apparaître des malformations chromosomiques chez 50 «métropolitains» et 30 patients polynésiens atteints de cancer de la thyroïde. Ces résultats, publiés dans le dernier numéro de l'European Journal of Nuclear Medicine and Molecular Imaging, sont sans appel: ce taux est trois fois supérieur dans le deuxième groupe. «Sans exclure d'autres facteurs, on ne peut pas ne pas penser aux essais nucléaires», constate Dominique Violot, l'un des auteurs de l'étude. D'autant que ce type de malformation est souvent consécutif à une exposition à la radioactivité, et que ce soupçon n'est pas isolé. «Nous savons déjà que le taux de cancers de la thyroïde est deux fois plus élevé dans la population polynésienne que chez les Maori ou les Hawaïens», analyse Florent de Vathaire, épidémiologiste à l'Inserm et coauteur de l'étude.

Entre 1966 et 1996, date du dernier essai nucléaire, les lagons polynésiens de Mururoa et de Fangataufa se sont troublés 193 fois. Une puissance équivalant à 700 fois la bombe d'Hiroshima. Reste maintenant à prouver que ce n'était pas sans conséquences pour les 250 000 Polynésiens qui vivent aux alentours. «Nous avons réalisé une étude pour analyser précisément ce lien, affirme Florent de Vathaire, les résultats arriveront dans six mois.»

Ce sera peut-être alors l'épilogue scientifique d'une histoire vieille de quarante ans. Et son envol judiciaire.


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# Posté le jeudi 26 janvier 2006 12:24

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 06:37

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