Irradié pour la France de Jean-Henry BOUFFARD

Irradié pour la France de Jean-Henry BOUFFARD
Irradié pour la France
Auteur : Jean-Henry BOUFFARD
Editeur: Les AUTEURS DU PETIT PAVÉ
BP 17
Saint-Jean-Des-Mauvrets
49320 BRISSAC-QUINCÉ

Ou en contactant directement l'auteur par mail :
jean-henry.bouffard@wanadoo.fr

« Les vétérans des essais nucléaires ont servi la Nation au péril de leur santé, de leur vie, sans la reconnaissance de cette dernière. Pourtant, ils auraient été en droit de la réclamer (...) L'ennemi est invisible, impalpable mais il bombarde, il transperce pour détruire lentement mais sûrement. Pour beaucoup d'entre eux, la vie sera courte et certains la finiront dès l'âge de 20 ans... »

C'est l'histoire de ces hommes, artisans du nucléaire militaire français que l'auteur nous restitue sans détour ni artifice.

Avant-propos: Les essais nucléaires en Polynésie sur les atolls de Moruroa et Fangataufa ont constitué le point le plus observé de la planète entre 1966 et 1998. Toutes les techniques de recherches et d'analyse ont été mises en œuvre aux différents moments. La Polynésie française couvrant une surface maritime très étendue, la mise en place de moyens en Forces aéronavales et navales fut très impressionnante puisque cela représentait 80% des effectifs militaires français déployés sur différents sites, embarqués ou à terre. Ce qui entraîne une logistique en conséquence, navires ateliers, pétroliers ravitailleurs, navires de transports de matériel, d'engins amphibies ou terrestres. De l'avitaillement pour les porte-avions, des ateliers de réparations à terre, un navire labo, un navire de surveillance des points sensibles, des avions de SURMAR et de transport avec les ateliers de réparations, arsenal à Papeete, etc.. La dispersion des militaires de toutes les armes sur plusieurs atolls et îles, la plus proche de Moruroa étant Turéia (100 kilomètres) et Tahiti la plus éloignée (1300 kilomètres environ) vous donne à peu près l'étendue du territoire à surveiller.
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# Posté le dimanche 18 juin 2006 09:11

Livre : Sacrifiés pour raison d'Etat de Serge Vauley

Sacrifiés pour raison d'Etat de Serge Vauley

"ll est des hommes que la vie a maltraité parce qu'un destin tragique, un jour, a croisé leur chemin, fatalité implacable et incontrôlable, à I'abri de tout pronostic...
D'autres, par contre, ont signé pour une cause noble, pour un service emprunt de solidarité et d'honneur, pour servir...

Serge Vauley est de ceux-là. Dans son livre "Sacrifiés pour raison d'Etat", raconte Ie cursus classique des engagés volontaires, le parcours d'un jeune homme que la vie militaire emmène loin, très loin de ses rêves de gosse et de ses idéaux d'adolescent enthousiaste.

Son désenchantement commence dès sa période d'instruction militaire à l'Ecole des Mécaniciens de la Flotte de Saint Mandrier. ll se poursuivra sur le porte avion Foch, aux abords du site de Mururoa quand, exposé aux cotés de ses camarades aux radiations ou
aux contaminations issues des explosions nucléaires, il subira dans sa chair leurs terribles effets.
... Et il ne s'achèvera toujours pas quand à I'aube d'une éventuelle réparation, les protagonistes responsables, politiques et militaires, auront peine à reconnaître les faits, lâchement retranchés derrière un éternel Secret d'Etat...

Si I'ouvrage de Serge vauley est un livre passionnant il est surtout un dérangeant il est surtout un dérangeant témoignage pour ceux et celles qui pensent encore que Mère Patrie rîme avec protection de ses enfants, surtout quand ils sont soldats..."

P. Jamin

Souscrire à l'ouvrage de Serge Vouley "Sacrifiés pour raison d'Etat" :
chèque de 17 € (par exemplaire) à l'ordre de Serge Vauley 20, rue du maréchal Joffre - 80410 CAYEUX SUR MER
Possibilité d'envoi par la poste (+ 3 €)

Boutique en ligne : www.yellowconcept.fr - Site web : www.yellowconcept.com
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# Posté le samedi 01 juillet 2006 08:36

Position des Elus de la République

Position des Elus de la République
Question/Réponse à Nicole Bouteau, Députée du Parlement Polynésien

29 Juin 2006

Ia Orana,

Je souhaiterai connaître avec précision votre position sur les conséquences des essais nucléaires effectués en Polynésie et savoir si vous soutenez ou non l'idée d'une loi de reconnaissance et d'indemnisation des victimes comme les Etats-Unis l'ont fait depuis 1988 (oui, 1988 !!!) ainsi que l'Australie, la Grande Bretagne, etc...

Nana

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Réponse 29 Juin 2006 :

Iaorana,

No Oe E Te Nunaa est sans ambiguité pour une entière transparence de la part de l'Etat sur les essais nucléaires effectués en Polynésie et leurs conséquences sanitaires, environnementales mais également sociales.
Oui, nous sommes également favorables à une loi d'indemnisation à l'instar des dispositifs déjà existants dans d'autres pays.

J'ai été membre de la Commission d'enquête créée auprès de l'Assemblée de Polynésie sur les conséquences des essais aériens réalisés en PF de 1966 à 1974. J'ai donc à ce titre particpé à l'ensemble de ses travaux. J'ai ainsi soutenu l'ensemble du rapport de notre commission ainsi que toutes les recommandations faîtes au gouvernement polynésien et au gouvernement central.
L'une d'elles, et elles étaient nombreuses, demandait au gouvernement du pays d'appuyer auprès de l'Etat la mise à l'ordre du jour du Parlement d'un projet de loi qui reconnaisse le "principe de présemption" ...
Vous n'êtes pas sans savoir que ce rapport a été voté à l'unanimité des représentants présents (majorité et opposition) mais en l'absence du Tahoeraa huiraatira.

Nicole BOUTEAU
Députée du Parlement Polynésien
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# Posté le lundi 03 juillet 2006 11:29

Affirmations sur un lien essais nucléaires/cancer de la thyroïde en Polynésie

lundi 31 juillet 2006

Affirmations sur un lien essais nucléaires/cancer de la thyroïde en Polynésie: réaction du ministère de la Défense

PARIS (AP) - Le ministère de la Défense a tenu à souligner lundi que les affirmations de Florent De Vathaire, directeur d'une unité de l'Inserm, sur un lien établi entre essais nucléaires et cancer de la thyroïde en Polynésie française n'étaient "pas sous-tendues, à ce jour, par une publication scientifique ouverte".

"Dès lors que la contribution scientifique de M. de Vathaire sera publiée, le ministère de la Défense se prononcera sur cette question après avoir recueilli l'avis du comité interministériel de liaison pour la coordination du suivi sanitaire des essais nucléaires français", précise-t-il dans un communiqué.

Selon le ministère, "ce comité est chargé de faire le lien avec 'les personnes et les associations concernées' et de recevoir toutes les contributions, y compris d'ordre scientifique, sur les conséquences des essais nucléaires pour la population".

Il a par ailleurs expliqué que Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND), poursuivait selon son mandat "les travaux engagés avec une totale transparence en vue de rendre en fin 2006 ses recommandations au gouvernement de la République, sur les suites à donner à cette problématique, en matière de santé publique".

Son prochain déplacement en Polynésie Française programmé pour début octobre "sera l'occasion pour lui d'exposer l'avancement de son expertise", souligne le ministère.

Florent De Vathaire, directeur de l'unité 605 de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) "épidémiologie des cancers" étudie depuis plusieurs années les facteurs de risque du cancer de la thyroïde en Polynésie française.

Dans une correspondance adressée le 17 juillet dernier à Marcel Jurien de la Gravière et à Oscar Temaru, président de la Polynésie française, le scientifique fait état de la mise en évidence d'une "relation statistiquement significative entre la dose totale de radiation reçue à la thyroïde du fait des essais nucléaires atmosphériques réalisés par la France en Polynésie française et le risque ultérieur de cancer de la thyroïde diagnostiqué entre 1985 et 2002".

"Nous considérons comme maintenant acquis le fait que les essais nucléaires atmosphériques réalisés par la France ont contribué à augmenter l'incidence du cancer de la thyroïde en Polynésie française", précise Florent De Vathaire dans ce courrier qu'Oscar Temaru a rendu public vendredi après-midi à l'assemblée locale avant de le faire distribuer.

C'est la première fois qu'une étude met en lumière une relation de cause à effet entre les 46 tirs aériens réalisés entre 1966 et 1974 sur les atolls polynésiens de Moruroa et Fangataufa (1.200km au sud-est de Tahiti) et les incidences sanitaires des retombées pour la population environnante.

Après cette date les tirs furent souterrains jusqu'en 1996 et l'arrêt définitif des expérimentations nucléaires en Polynésie française.

Cette étude, réalisée entre 2002 et 2005 et dont il avait présenté les premiers résultats le 29 juin dernier, lors d'un colloque organisé à Tahiti, sera "bientôt publiée", indique Florent de Vathaire dans sa correspondance.

D'après lui, la relation entre la dose totale de radiation reçue à la thyroïde du fait des essais nucléaires français en Polynésie française et le risque ultérieur de cancer de la thyroïde, a été établie "à partir d'une étude de cas-témoins incluant 239 cas de cancer thyroïdien et 363 témoins indemnes de ce cancer".

Dans un communiqué, le haut-commissariat de la République en Polynésie française a réagi avec prudence. "Sous réserve de sa validation scientifique, cette étude (...) pourrait participer à la démarche de transparence menée par le (DSND) sur les conséquences des essais nucléaires aériens en Polynésie française", a-t-il dit.

Quant à Oscar Temaru, il a observé: "la santé, c'est ça la priorité".
AP

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Santé : 04/08/2006

Cancers et nucléaire: Florent de Vathaire demande la déclassification de dossiers tenus secrets par l'armée

(Tahitipresse) - Le directeur de l'unité 605 de l'INSERM demande au ministère de la Défense de déclassifier des rapports qui auraient été tenus secrets à propos des taux de cancer de la thyroïde qui seraient liés aux essais nucléaires français.

Dans une interview à Libération, à paraître samedi, annonce l'agence Reuters, le chercheur de l'Inserm estime que ces documents pourraient mettre en évidence la "relation statistiquement significative" dont il avait fait état dans son courrier à M. Julien de la Gravière et qu'Oscar Temaru avait lu en session extraordinaire de l'Assemblée, vendredi dernier.
Dans cette lettre, le scientifique considérait "comme acquis, le fait que les essais nucléaires atmosphériques réalisés par la France ont contribué à augmenter l'incidence du cancer de la thyroïde en Polynésie française". Il annonçait avoir "mis en évidence une relation statistiquement significative entre la dose totale de radiation reçue à la thyroïde du fait des essais nucléaires atmosphériques réalisés par la France en Polynésie française et le risque ultérieur du cancer de la thyroïde diagnostiqué entre 1985 et 2002".
Or, selon le chercheur, rapporte Reuters, l'armée a rédigé deux types de rapports: les uns officiels et donc, a priori, édulcorés, et les autres, officieux. "Ce sont ces derniers que nous voulons obtenir. Un jour où l'autre, ils seront déclassifiés. Cela avait déjà été le cas un peu sous la gauche", estime Florent de Vathaire dans cet entretien.


ATP

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# Posté le jeudi 03 août 2006 15:05
Modifié le samedi 05 août 2006 13:50

Officier des douanes à Moruroa

Ecrit par Oscar Temaru

Officier des douanes à Moruroa

Oscar Temaru était officier des douanes. II fut envoyé à Moruroa à plusieurs reprises de 1964 à 1975 pour contrôler les bateaux et les avions. On l'amenait sur l'atoll par avion militaire et il y restait aussi longtemps que son travail l'exigeait (généralement quelques jours). Il passait en moyenne un mois par année à Moruroa. Oscar Manutahi Temaru est aujourd'hui président de la Polynésie française.

Dès le début, les gens se posèrent des questions
« En 1964, tout le monde désirait aller à Moruroa parce que l'endroit était réputé pour sa beauté et pour sa richesse en poissons et en coquillages. Nous passions nos temps libres à pêcher et mettions notre butin dans les congélateurs des bateaux. Lorsque les bateaux revenaient à Tahiti, nous reprenions nos poissons et on les mangeait en famille ou on les donnait en cadeau.
Mais en 1966, au moment du premier essai atmosphérique, pratiquement d'un jour à l'autre, sur toutes les plages de l'atoll, il y avait des panneaux d'interdiction de baignade ou de pêche, aussi bien dans le lagon que dans l'océan. Dès cette date, on nous fouillait à notre arrivée et à notre départ. De plus, pendant notre séjour, nous devions porter des badges qui enregistraient les doses de radiation auxquelles nous étions exposés.
Les nouvelles allaient vite sur l'atoll parce que les gens n'avaient rien à faire pendant leurs temps libres. Ainsi, ils passaient beaucoup de temps à parler entre eux. Bientôt, chacun eut connaissance de plusieurs personnes qui avaient dû être hospitalisées pour y être traitées après avoir mangé du poisson pêché localement. Lorsque de plus en plus de personnes durent être hospitalisées, les gens commencèrent à se poser des questions sur les effets des explosions nucléaires.
Au cours d'une de mes visites à Moruroa, immédiatement après un essai nucléaire de très grande puissance, j'avais remarqué que toutes les feuilles des cocotiers avaient jauni comme si les arbres étaient morts. Cela paraissait incroyable. Immédiatement après apparurent de nouveaux panneaux qui interdisaient la consommation de noix de coco. Lentement, une sorte de psychose se répandit sur l'atoll. Certaines personnes tombèrent si malades qu'elles durent être évacuées de l'atoll, et ensuite nous apprîmes que certaines d'entre elles étaient mortes. C'était en 1969 ou 1970.
Surveillance et interdictions
Il y avait toujours de nouveaux ouvriers qui arrivaient mais personne n'était informé sur le danger possible de manger du poisson, des fruits de mer ou des noix de coco. Il n'y avait que les panneaux pour les informer des dangers. Mais ils s'en moquaient. Il est très difficile pour des Tahitiens d'arrêter de manger du poisson qui a été leur nourriture quotidienne pendant des siècles. Le poisson a toujours été une bonne nourriture, pourquoi serait-elle soudainement mauvaise ? Alors ces gens continuaient à en manger, malgré les gendarmes qui surveillaient le lagon.
Après, les premiers essais souterrains ont commencé. Peu après, les premières fissures apparurent sur l'atoll. Il y en avait partout, sur la route et à côté ou encore dans le récif. Certaines avaient entre 20 et 30 mètres de long et près du lagon il y en avait de plus grandes. Très souvent, on voyait les militaires les combler avec du sable et du béton, comme s'ils essayaient de les dissimuler.
La surveillance des gens qui arrivaient à Moruroa et en partaient devint plus stricte. Les appareils photos étaient interdits. Mais personne ne donna d'explication officielle sur ce qui se passait.
Aucun examen médical
Quand j'ai vu comment l'atoll avait été détruit et que j'ai pris conscience des dangers des armes nucléaires, j'ai commencé à devenir actif. En tant que représentant du syndicat des officiers des douanes, j'ai écrit au chef des opérations à Moruroa disant que les officiers des douanes refusaient désormais d'être envoyés à Moruroa. Ce refus était basé sur les risques encourus pour la santé, j'ai reçu immédiatement une réponse favorable. Un nouvel arrangement fut mis en place et les officiers des douanes ne sont plus jamais allés à Moruroa.
Je n'ai jamais été soumis à aucun examen médical par les autorités médicales françaises. J'ai eu six enfants âgés de trois à quinze ans. Mon premier enfant est mort-né, prématurément à sept mois, sans raison apparente. Un autre de mes enfants a probablement contracté la méningite à l'âge de six mois et depuis ce moment il est partiellement paralysé. Cet enfant a-t-il simplement eu de la malchance, ou bien les mécanismes de défense ont-ils été affaiblis par l'exposition de son père aux rayonnements ? Je ne sais pas. »


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# Posté le samedi 05 août 2006 11:26

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