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Un tribunal de Nancy reconnaît que la maladie d'un vétéran des essais nucléaires de Moruroa est "imputable au service"

Un tribunal de Nancy reconnaît que la maladie d'un vétéran des essais nucléaires de Moruroa est "imputable au service"

(Tahitipresse) - L'association Moruroa e tatou a fait connaître, jeudi dans un communiqué intitulé "Il n'y a pas eu d'essais propres : les tribunaux enfoncent le clou", le résultat d'un jugement, en date du 24 octobre 2006, en faveur d'un vétéran des essais nucléaires atteint d'un cancer de la langue.

"Lundi 24 octobre 2006, le tribunal des pensions militaires de Nancy a reconnu que le carcinome (cancer) de la langue dont souffre M. William Marlier est imputable au service et un taux d'invalidité de 30 % lui a été accordé.
M. William Marlier est membre de l'Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) et il était défendu par Me Jean-Paul Teissonnière, avocat des associations.
M. Marlier a servi comme marin d'Etat à la Direction du Port de Moruroa entre le 14 février 1973 et le 15 février 1974, période où six essais nucléaires aériens ont eu lieu au dessus de Moruroa. William Marlier était mécanicien du remorqueur de rade "Jean Claude". En 1975, il était affecté sur l' "Amiral Charner", un bâtiment de la Marine nationale chargé de la surveillance des essais nucléaires souterrains.

Maladie "imputable au service"

"Une nouvelle fois, en première instance, un tribunal reconnaît que la maladie d'un vétéran est "imputable au service". Même s'il est probable que le ministère de la Défense fasse appel de ce jugement, c'est à nouveau un désaveu du discours sur les "essais propres" que les juges décident de contester. La multiplication de ces jugements favorables aux victimes des essais nucléaires indique qu'une jurisprudence est en passe de s'établir et que l'Etat devra forcément en tenir compte en décidant la création, comme pour les victimes de l'amiante, d'un fonds d'indemnisation des victimes des essais nucléaires."

Plainte contre X

"La plainte contre X lancée par notre association Moruroa e tatou et par Aven ainsi que 23 plaignants, vétérans ou membres de leurs familles lorsqu'ils sont décédés, va connaître un développement important le 10 novembre 2006 à Paris. En effet, une première audience doit avoir lieu, ce jour-là, à la Chambre de l'Instruction de la Cour d'appel de Paris. Outre l'association Moruroa e tatou qui s'est portée partie civile récemment dans cette plainte contre X, la famille de M. Alfred Pautehea, ancien membre de Moruroa e tatou décédé de leucémie en 2003, seront représentés à cette audience par Me Jean-Paul Teissonnière et ses associés.
La plainte contre X a pour objectif de faire déterminer par les juges les responsables des conséquences des essais nucléaires sur la santé.
Parmi les quelque 300 dossiers de victimes des essais nucléaires actuellement déposés par le cabinet d'avocat, plus d'une quarantaine d'audiences sont programmées en métropole dans les prochaines semaines. Ainsi, des tribunaux de Nancy, Paris, Quimper, Clermont-Ferrand, Douai, Draguignan, Nantes, Aix-en-Provence, Metz, Arras, Toulon, Rennes, Moulins vont devoir se prononcer sur les plaintes des vétérans ou de leurs familles.

Vers la reconnaissance des droits de toutes les victimes

"Malgré les démentis et les contre vérités déversés sans pudeur par le ministère de la Défense, les juges ouvrent une voie vers la reconnaissance des droits de toutes les victimes des essais nucléaires et exigent réparation. L'action des associations n'en est pas moins importante. Moruroa e tatou rappelle qu'il est primordial qu'aucune victime polynésienne, algérienne ou de Métropole ne soit oubliée ou abandonnée. Dans ce but, une loi doit être rapidement adoptée", conclut Roland Pouira Oldham, président de l'association Moruroa e tatou.


MET/ATP
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# Posté le mercredi 08 novembre 2006 13:27

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