Tahiti et la nécessité des enquêtes épidémiologiques
DISPARITION DE VINCENT COUTROT Ingénieur au CEA
Un décès "politiquement non correct"
Frappant était le silence, des quotidiens de Tahiti (excepté Les Nouvelles), de RFO, monopole d'État de l'info télévisée et des leaders politiques lors de la regrettée disparition de M. Coutrot. Cet homme exceptionnel était non seulement l'un des grands pionniers du CEA dans le pacifique, fondateur d'une famille tahitienne, mais aussi celui qui introduisit l'énergie solaire en Polynésie française. Silence d'autant plus frappant lorsqu'on compare à la large médiatisation d'un autre décès une semaine auparavant, celui d'un bien peu connu ancien directeur de cabinet d'Alexandre Léontieff, lequel n'avait aucun lien familial local. Pourtant là, de longs reportages télévisés, éditos, éloges et pages entières de photos traitaient de son inhumation. Pourquoi un tel déséquilibre ?
Certainement parce que Vincent Coutrot a succombé à une leucémie (cancer du sang), une maladie ô combien "politiquement non correcte" à Tahiti car trop souvent associée aux radiations atomiques. En plus, il osa nous quitter le jour même où l'OMS publiait des statistiques qui indiquent que le taux de cancers de la thyroïde chez les Tahitiennes est un des plus élevés au monde, après la Nouvelle-Calédonie. Il est évident que le décès de M. Coutrot devait "gêner".
Surtout que l'on pourrait émettre des hypothèses fondées sur l'origine de sa terrible maladie. En réponse à nos questions, il nous adressa un courrier que nous avions publié en septembre 1995 (TPM n° 53) et où il expliquait sa maladie, un message ambigu selon lequel on pouvait, ou ne pouvait pas, lier sa maladie avec ses activités professionnelles passées.
En revanche, une relation plus certaine pouvait être supposée suite à des conversations privées avec cet homme réputé pour sa droiture, lequel par la suite nous fit parvenir une documentation scientifique remettant en cause la validité des doses de radiations maximales "acceptées".
Il faut rappeler ici que plusieurs autres grands personnages ayant assisté à des essais aériens ont succombé à cette rare maladie qu'est la leucémie. Parmi ceux-ci le ministre gaulliste Gaston Palewski, persuadé que sa maladie résultait de l'accident où il fut enveloppé par un nuage radioactif dans le Hoggar ainsi que, selon des sources non vérifiées, Jean Sicurani, gouverneur de Tahiti de 1965 à 1969.
Alex W. du Prel (Tahiti-Pacifique, août 1996, n° 64)
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Mururoa et l'emploi
La France aurait employé des adolescents et des enfants sur les sites du Pacifique, selon une étude de 2 sociologues néerlandais, étude menée à la demande du Conseil Oecuménique des Églises. Le rapport de plus de 200 pages publié sous le titre "Mururoa et nous", affirme que 10 % des travailleurs avaient moins de 18 ans, 6 % moins de 16 ans et 0,3 % moins de 10 ans.... Une des préoccupations majeures des anciens travailleurs concerne leur santé et celle de leurs enfants maintenant que les essais sont terminés. Aucune recherche épidémiologique à long terme n'a été effectué par la France, et seuls 48,5 % des travailleurs ont été examinés à la fin de leur séjour sur les sites, poursuit le livre.
La Direction des centres d'expérimentations nucléaires (DIRCEN) a démenti " avoir jamais employé d'adolescents, et encore moins d'enfants, sur ses sites " de Mururoa et Fangataufa. La DIRCEN ajoute que Polynésien ou métropolitain, qu'il soit militaire ou employé par le CEA, son personnel a toujours été suivi médicalement "dans les meilleures conditions et conformément à la législation française qui est une des plus rigoureuse au niveau mondial".
La Gazette Nucléaire n°161/162 novembre 1997
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Exposition des populations à l'époque des essais
Des comparaisons effectuées avec les rares données militaires officielles sur les retombées de 1966 à 1974 font apparaître une irradiation importante liée au passage de masses d'air contaminées suite à certains essais atmosphériques. Le 2 juillet 1966, le niveau de radiation aux Gambier (580 µSv/h) était plus de 10 000 fois supérieur au niveau naturel (et plus de 1800 fois supérieur, le 12 juin 1971, à Tureia).
Le dépôt au sol des radionucléides contenus dans l'air a entraîné, à l'époque des essais, une contamination très importante des eaux, des sols et des denrées alimentaires. Par exemple, le 26 septembre 1966, suite au tir nucléaire Rigel, l'activité des eaux de pluie aux Gambier et à Tureia, a atteint des valeurs très élevées (respectivement 111 et 25,9 millions de Becquerels par litre), soit des valeurs respectivement plus de 850 millions de fois et plus de 199 millions de fois supérieures au niveau de radioactivité naturelle des précipitations. L'activité des eaux de pluie aux Gambier, le 26 septembre 1966, a ainsi été 69 000 fois supérieure aux valeurs maximales publiées par les militaires pour les eaux de captage des Gambier (essai du 2 juillet 1966). L'activité des eaux de pluie à Tureia, le 26 septembre 1966, a été 600 fois supérieure aux valeurs maximales publiées par la DIRCEN (Direction des Centres d'Expérimentations Nucléaires) pour les eaux de citerne de Tureia (essai du 12 juin 1971).
Les évaluations de doses conduites par la CRIIRAD, à partir des rares documents classés rendus publics par la revue Damoclès, montrent que certaines retombées ont pu conduire à une irradiation externe et interne des populations conduisant à des risques sanitaires inacceptables, c'est-à-dire à des doses de radiation de plusieurs centaines de milliSieverts par an, très supérieures aux normes sanitaires en vigueur à l'époque. L'ingestion de seulement 2 litres d'eau de pluie après certaines retombées pouvait conduire à des doses de plusieurs dizaines voire centaines de milliSieverts. Or la population n'était pas informée des risques liés à la consommation de cette eau.
Ces évaluations montrent que les bilans officiels publiés par la DIRCEN en 1998 (quelques milliSieverts par an au maximum) sous-estiment fortement l'impact radiologique des retombées sur la population. Il convient de souligner que les évaluations de doses conduites par la DIRCEN ne prennent pas en compte toutes les retombées, ne tiennent pas compte de la radiosensibilité plus élevée des enfants, négligent certains radionucléides comme le tritium, le carbone 14, ou les isotopes du plutonium, - pourtant présents dans les retombées comme le montrent certains des résultats de la campagne de mesure CRIIRAD (boue de citerne à Tureia et tranche du tronc d'un cocotier à Rikitea). Ces évaluations officielles ne tiennent pas compte par ailleurs des modes de vie réels des populations (ingestion directe des eaux de pluie par exemple aux Gambier).
La plus grande part de cette irradiation externe et de cette contamination interne a été induite par des radionucléides de relativement courte période. Trente à quarante ans après les retombées, ces radionucléides à courte période ont totalement disparu. Une partie des effets sanitaires induits sur les populations exposées à l'époque, ou sur leurs descendants, a déjà pu se manifester. Compte tenu des temps de latence de plusieurs décennies pour certaines pathologies, d'autres effets sont à venir.
L'évolution des connaissances sur les effets sanitaires des faibles doses de radiation, en particulier lors de contaminations internes (inhalation et ingestion), montre que les cancers ne sont pas les seules pathologies à craindre, il faut y ajouter des conséquences négatives sur le système immunitaire, le système cardio-vasculaire, le système nerveux ou le système digestif, etc. L'évaluation de l'impact des essais atmosphériques de 1966 à 1974 sur la santé des populations et des travailleurs exposés nécessitera :
1 / la communication des rapports militaires, notamment des services de contrôle radiologique (SMSR et SMCB), de la période des essais atmosphériques. Ceci afin d'effectuer des évaluations dosimétriques les plus précises possibles. L'interprétation de ces données nécessitera la mise en place d'un groupe de travail incluant des experts militaires et du CEA et des chercheurs indépendants,
2 / la poursuite des études épidémiologiques portant sur les pathologies cancéreuses, mais aussi sur l'ensemble des pathologies non cancéreuses susceptibles d'apparaître chez les personnes exposées et leur descendance,
3 / le lancement d'études biologiques spécifiques sur les personnes exposées (enregistrement des anomalies chromosomiques, dosimétrie biologique, etc..).
Il serait utile, à ce sujet, que soit mis en oeuvre un comité de pilotage regroupant des spécialistes de l'ensemble des disciplines concernées ainsi que des représentants des populations, anciens travailleurs et élus.
Nota : En France la réglementation fixe les limites annuelles à 50 mSv (5 rem) pour les travailleurs et à 5 mSv (0,5 rem) pour la population. La réglementation française ne respecte pas les recommandations de la CIPR (2 rem/an soit 20 mSv/an depuis 1990 = Rappel : Le dernier essai a eu lieu en Polynésie en janvier 1996 !). La réglementation Française est encore restée aux valeurs de......1956 !!!
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Médecins du Monde
Moruroa E Tatou
Observatoire des armes nucléaires françaises
Papeete - Paris. 2 juillet 2003, jour anniversaire de la première bombe française à Moruroa
COMMUNIQUE
Médecins du Monde décide une mission humanitaire pour faire reconnaître les droits des anciens travailleurs des sites nucléaires de Polynésie française.
« Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont reconnu les risques de leurs essais nucléaires, on est étonné de l'entêtement et de l'arrogance des autorités françaises qui restent figées dans la certitude de la propreté des essais nucléaires français. D'autre part, on est frappé de la méconnaissance du dossier par les autorités politiques de Polynésie qui n'ont mis en place aucune action d'assistance et de soutien aux problèmes rencontrés par les travailleurs polynésiens des sites nucléaires de Moruroa et Fangataufa. » Tel est le constat sévère du Dr Michel Brugière, directeur général de Médecins du Monde, au terme d'une première mission exploratoire effectuée en Polynésie française du 16 au 24 juin 2003 à l'invitation de l'association Moruroa e tatou qui rassemble aujourd'hui 1500 anciens travailleurs polynésiens des anciens sites nucléaires. Au cours de son séjour à Tahiti, le Dr Brugière a pu également rencontrer et examiner douze anciens travailleurs dont 10 de la période des essais atmosphériques effectués entre 1966 et 1974. « Si nous étions aux Etats-Unis, trois d'entre eux – et probablement un quatrième après examen complémentaire – auraient leur pathologie reconnue comme ayant un lien avec leur service sur les sites nucléaires. Mais la législation française est inexistante sur ce point. Les gens sont soignés, il est vrai. Cependant les autorités médicales chargées d'attribuer les pensions au titre des maladies professionnelles, se rangent régulièrement derrière le point de vue du Service de Santé des Armées pour refuser ces pensions parce que les autorités militaires affirment que les travailleurs n'étaient pas affectés à des tâches à risques radiologiques » précise le Dr Brugière. Face à ce traitement injuste qui se surajoute à une politique de déni, Michel Brugière a annoncé que :
Médecins du Monde partage et soutien le combat de Moruroa e tatou pour que la France reconnaisse que ses essais nucléaires - en particulier ceux qui ont été effectués en atmosphère – ont eu des répercussions sur l'environnement et la santé des populations des atolls et îles proches de Moruroa et des travailleurs des sites,
Médecins du Monde va installer une mission médicale permanente à Papeete pour évaluer l'état de santé de chaque ancien travailleur et soutenir leurs démarches médicales, sociales et juridiques dans le but d'améliorer leur situation individuelle et pour que soit reconnue l'imputabilité au service,
Médecins du Monde, va soutenir Moruroa e tatou dans sa recherche de la vérité pour que soient réalisés rapidement des tests radiobiologiques auprès d'un échantillon d'anciens travailleurs.
Médecins du Monde : medmonde@medecinsdumonde.org
Moruroa e tatou : moruroaetatou@mail.pf
Observatoire des armes nucléaires françaises : brunobarrillot@obsarm.org
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les Polynésiens : cobayes de la France nucléaire ?
Essais nucléaires atmosphériques : les Polynésiens : cobayes de la France nucléaire ?
Damocles 116-117, été 2005
Il y a 10 ans, le 5 septembre 1995, le premier essai souterrain décidé par Jacques Chirac a provoqué une explosion sociale à Tahiti. « Malgré la fin des essais, la page n'est pas tournée. En effet, les 46 expériences nucléaires dans l'atmosphère effectuées au-dessus de Moruroa et Fangataufa entre 1966 et 1974 constituent aujourd'hui autant de bombes à retardement sanitaires pour la population de Polynésie française », déclare Bruno Barrillot, directeur du CDRPC. Un constat confirmé par l'enquête « Le Cancer du tropique » diffusée ce vendredi 9 septembre par Thalassa sur France 3.
En avril dernier, Damoclès , la revue du CDRPC (Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits) avait dévoilé des documents classés secrets-défense mentionnant des retombées radioactives considérables notamment sur l'île de Mangareva, proche de Moruroa. Aujourd'hui Damoclès poursuit son travail d'information sur les conséquences des essais en publiant le rapport de Bruno Barrillot — « Contribution à la recherche des causes du cancer de la thyroïde en Polynésie » — réalisé dans le cadre de la mission d'expert que le gouvernement de Polynésie française lui a confié le 1 er juillet 2005.
En 2005, le cancer de la thyroïde et les affections thyroïdiennes atteignent quatre fois plus les femmes polynésiennes que les femmes européennes . Sur le Vieux Continent, on incrimine Tchernobyl. En Polynésie, on accuse les essais nucléaires non sans raison. En effet, l'accident de Tchernobyl et les explosions nucléaires éjectaient de l'iode radioactif qui – tous les scientifiques le reconnaissent – a tendance a se fixer sur la glande thyroïde.
Cela, les autorités qui avaient la responsabilité des essais ne l'ignoraient pas, comme le décrit le rapport publié dans Damoclès . Chaque année, de 1966 à 1974, le gouvernement français publiait un document ( Retombées radioactives à la suite des tirs nucléaires en Polynésie ), envoyé à l'ONU, dans lequel les retombées d'iode radioactif sur l'ensemble de la Polynésie étaient décrites et analysées au regard des risques pour les thyroïdes des nourrissons, des enfants et des adultes polynésiens. Bref, on observait sans prendre aucune des mesures de prévention qui, avant 1960, étaient déjà bien connues.
À l'époque, on affirmait bien sûr que c'était sans danger. Aujourd'hui, le ministère français de la Défense persiste et signe. Aux États-Unis, par contre, l'Institut national du cancer reconnaît en avril 2005 , que plus de 500 cancers « en excès » sont dus aux retombées des essais nucléaires américains sur les Îles Marshall entre 1945 et 1963.
« Contrairement aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la Russie, seule la France aurait fait des “essais propres” ? » s'étonne Bruno Barrillot.
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12/06/2006
Conséquences des essais en Polynésie française: Le COSCEN demande plus de transparence au Délégué à la sûreté nucléaire de défense
(Tahitipresse) - Le Conseil d'orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (COSCEN) a présenté, lundi, une analyse des documents de la mission du DSND (Délégué à la sûreté nucléaire de défense), Marcel Jurien de la Gravière, en mai 2006. Le Conseil souhaiterait plus de transparence de la part du DSND au sujet, notamment, des archives des essais aériens, de la liste des anciens travailleurs de Mururoa, etc.
Le Conseil a indiqué que lors de sa visite en Polynésie française, en mai dernier, Marcel Jurien de la Gravière lui a communiqué une série de documents concernant les essais nucléaires à Mururoa et Fangataufa. "Ces brochures ont été présentées par le Délégué comme une contribution à l'histoire des essais nucléaires aériens en Polynésie française et comme une marque de la transparence annoncée par le Ministère de la Défense", a précisé le Conseil dans son rapport d'analyse des documents en question.
Selon le Conseil, Marcel Jurien de la Gravière a apporté des éléments nouveaux sur le déroulement des essais nucléaires en Polynésie française "qui n'ont encore jamais été rendus publics": la désignation des lieux et dates des retombées radioactives mesurées lors des 41 essais nucléaires aériens effectués de 1966 à 1974, la désignation des sites d'immersion de déchets radioactifs au large des îles de Mururoa et de Hao (archipel des Tuamotu), comportant la nature des déchets, leurs niveaux de radioactivité et les poids estimés et une nouvelle présentation des calculs d'impacts dosimétriques de trois essais, respectivement sur Mangareva (archipel des Gambier), Tureia (archipel des Tuamotu) et Tahiti (archipel de la Société, îles du vent).
"L'ensemble de la Polynésie a été atteinte"
"Malgré ces informations nouvelles, le discours sur les 'essais propres' reste inchangé", a souligné l'expert du Conseil d'orientation, Bruno Barillot.
Le rapport du DSND suscite certaines inquiétudes, principalement par rapport aux retombées des essais nucléaires entre 1966 et 1974: 33 retombées ont été enregistrées à Tureia, 23 sur Tahiti, 22 sur Reao et 21 sur Mangareva. "Si ces retombées viennent jusqu'à Tahiti, cela veut dire que l'ensemble de la Polynésie a été atteint", s'est inquiété Bruno Barillo.
Le Conseil se pose également d'autres questions, par exemple au sujet des 532 tonnes de déchets radioactifs qui ont été immergés à Hao. "Qu'a-t-on fait des déchets radioactifs liquides produits à Hao?", se questionne le COSCEN.
Le COSCEN compte envoyer ses recommandations à Marcel Jurien de la Gravière
Dans son analyse, le COSCEN émet plusieurs recommandations au DSND en vue d'une plus grande transparence.
Il souhaite que les archives des essais nucléaires lui soient disponibles et demande la "déclassification" de tous les documents de l'époque des essais aériens. Le Conseil souhaite également que la liste des anciens travailleurs de Mururoa, l'inventaire de la destination des déchets radioactifs produits à Mururoa, Fangataufa et Hao (archipel des Tuamotu) depuis 1982, ainsi que des informations sur les dispositions prises par l'Etat concernant la protection des personnels sur les sites des essais.
Le COSCEN devrait faire parvenir ce rapport d'analyse à Marcel Jurien de la Gravière avant sa prochaine mission en Polynésie française, en septembre ou octobre prochain. "On va lui faire parvenir nos analyses (...), on ne peut pas clore ce dossier comme ça", a déclaré Unutea Hirshon, membre du COSCEN.
DISPARITION DE VINCENT COUTROT Ingénieur au CEA
Un décès "politiquement non correct"
Frappant était le silence, des quotidiens de Tahiti (excepté Les Nouvelles), de RFO, monopole d'État de l'info télévisée et des leaders politiques lors de la regrettée disparition de M. Coutrot. Cet homme exceptionnel était non seulement l'un des grands pionniers du CEA dans le pacifique, fondateur d'une famille tahitienne, mais aussi celui qui introduisit l'énergie solaire en Polynésie française. Silence d'autant plus frappant lorsqu'on compare à la large médiatisation d'un autre décès une semaine auparavant, celui d'un bien peu connu ancien directeur de cabinet d'Alexandre Léontieff, lequel n'avait aucun lien familial local. Pourtant là, de longs reportages télévisés, éditos, éloges et pages entières de photos traitaient de son inhumation. Pourquoi un tel déséquilibre ?
Certainement parce que Vincent Coutrot a succombé à une leucémie (cancer du sang), une maladie ô combien "politiquement non correcte" à Tahiti car trop souvent associée aux radiations atomiques. En plus, il osa nous quitter le jour même où l'OMS publiait des statistiques qui indiquent que le taux de cancers de la thyroïde chez les Tahitiennes est un des plus élevés au monde, après la Nouvelle-Calédonie. Il est évident que le décès de M. Coutrot devait "gêner".
Surtout que l'on pourrait émettre des hypothèses fondées sur l'origine de sa terrible maladie. En réponse à nos questions, il nous adressa un courrier que nous avions publié en septembre 1995 (TPM n° 53) et où il expliquait sa maladie, un message ambigu selon lequel on pouvait, ou ne pouvait pas, lier sa maladie avec ses activités professionnelles passées.
En revanche, une relation plus certaine pouvait être supposée suite à des conversations privées avec cet homme réputé pour sa droiture, lequel par la suite nous fit parvenir une documentation scientifique remettant en cause la validité des doses de radiations maximales "acceptées".
Il faut rappeler ici que plusieurs autres grands personnages ayant assisté à des essais aériens ont succombé à cette rare maladie qu'est la leucémie. Parmi ceux-ci le ministre gaulliste Gaston Palewski, persuadé que sa maladie résultait de l'accident où il fut enveloppé par un nuage radioactif dans le Hoggar ainsi que, selon des sources non vérifiées, Jean Sicurani, gouverneur de Tahiti de 1965 à 1969.
Alex W. du Prel (Tahiti-Pacifique, août 1996, n° 64)
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Mururoa et l'emploi
La France aurait employé des adolescents et des enfants sur les sites du Pacifique, selon une étude de 2 sociologues néerlandais, étude menée à la demande du Conseil Oecuménique des Églises. Le rapport de plus de 200 pages publié sous le titre "Mururoa et nous", affirme que 10 % des travailleurs avaient moins de 18 ans, 6 % moins de 16 ans et 0,3 % moins de 10 ans.... Une des préoccupations majeures des anciens travailleurs concerne leur santé et celle de leurs enfants maintenant que les essais sont terminés. Aucune recherche épidémiologique à long terme n'a été effectué par la France, et seuls 48,5 % des travailleurs ont été examinés à la fin de leur séjour sur les sites, poursuit le livre.
La Direction des centres d'expérimentations nucléaires (DIRCEN) a démenti " avoir jamais employé d'adolescents, et encore moins d'enfants, sur ses sites " de Mururoa et Fangataufa. La DIRCEN ajoute que Polynésien ou métropolitain, qu'il soit militaire ou employé par le CEA, son personnel a toujours été suivi médicalement "dans les meilleures conditions et conformément à la législation française qui est une des plus rigoureuse au niveau mondial".
La Gazette Nucléaire n°161/162 novembre 1997
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Exposition des populations à l'époque des essais
Des comparaisons effectuées avec les rares données militaires officielles sur les retombées de 1966 à 1974 font apparaître une irradiation importante liée au passage de masses d'air contaminées suite à certains essais atmosphériques. Le 2 juillet 1966, le niveau de radiation aux Gambier (580 µSv/h) était plus de 10 000 fois supérieur au niveau naturel (et plus de 1800 fois supérieur, le 12 juin 1971, à Tureia).
Le dépôt au sol des radionucléides contenus dans l'air a entraîné, à l'époque des essais, une contamination très importante des eaux, des sols et des denrées alimentaires. Par exemple, le 26 septembre 1966, suite au tir nucléaire Rigel, l'activité des eaux de pluie aux Gambier et à Tureia, a atteint des valeurs très élevées (respectivement 111 et 25,9 millions de Becquerels par litre), soit des valeurs respectivement plus de 850 millions de fois et plus de 199 millions de fois supérieures au niveau de radioactivité naturelle des précipitations. L'activité des eaux de pluie aux Gambier, le 26 septembre 1966, a ainsi été 69 000 fois supérieure aux valeurs maximales publiées par les militaires pour les eaux de captage des Gambier (essai du 2 juillet 1966). L'activité des eaux de pluie à Tureia, le 26 septembre 1966, a été 600 fois supérieure aux valeurs maximales publiées par la DIRCEN (Direction des Centres d'Expérimentations Nucléaires) pour les eaux de citerne de Tureia (essai du 12 juin 1971).
Les évaluations de doses conduites par la CRIIRAD, à partir des rares documents classés rendus publics par la revue Damoclès, montrent que certaines retombées ont pu conduire à une irradiation externe et interne des populations conduisant à des risques sanitaires inacceptables, c'est-à-dire à des doses de radiation de plusieurs centaines de milliSieverts par an, très supérieures aux normes sanitaires en vigueur à l'époque. L'ingestion de seulement 2 litres d'eau de pluie après certaines retombées pouvait conduire à des doses de plusieurs dizaines voire centaines de milliSieverts. Or la population n'était pas informée des risques liés à la consommation de cette eau.
Ces évaluations montrent que les bilans officiels publiés par la DIRCEN en 1998 (quelques milliSieverts par an au maximum) sous-estiment fortement l'impact radiologique des retombées sur la population. Il convient de souligner que les évaluations de doses conduites par la DIRCEN ne prennent pas en compte toutes les retombées, ne tiennent pas compte de la radiosensibilité plus élevée des enfants, négligent certains radionucléides comme le tritium, le carbone 14, ou les isotopes du plutonium, - pourtant présents dans les retombées comme le montrent certains des résultats de la campagne de mesure CRIIRAD (boue de citerne à Tureia et tranche du tronc d'un cocotier à Rikitea). Ces évaluations officielles ne tiennent pas compte par ailleurs des modes de vie réels des populations (ingestion directe des eaux de pluie par exemple aux Gambier).
La plus grande part de cette irradiation externe et de cette contamination interne a été induite par des radionucléides de relativement courte période. Trente à quarante ans après les retombées, ces radionucléides à courte période ont totalement disparu. Une partie des effets sanitaires induits sur les populations exposées à l'époque, ou sur leurs descendants, a déjà pu se manifester. Compte tenu des temps de latence de plusieurs décennies pour certaines pathologies, d'autres effets sont à venir.
L'évolution des connaissances sur les effets sanitaires des faibles doses de radiation, en particulier lors de contaminations internes (inhalation et ingestion), montre que les cancers ne sont pas les seules pathologies à craindre, il faut y ajouter des conséquences négatives sur le système immunitaire, le système cardio-vasculaire, le système nerveux ou le système digestif, etc. L'évaluation de l'impact des essais atmosphériques de 1966 à 1974 sur la santé des populations et des travailleurs exposés nécessitera :
1 / la communication des rapports militaires, notamment des services de contrôle radiologique (SMSR et SMCB), de la période des essais atmosphériques. Ceci afin d'effectuer des évaluations dosimétriques les plus précises possibles. L'interprétation de ces données nécessitera la mise en place d'un groupe de travail incluant des experts militaires et du CEA et des chercheurs indépendants,
2 / la poursuite des études épidémiologiques portant sur les pathologies cancéreuses, mais aussi sur l'ensemble des pathologies non cancéreuses susceptibles d'apparaître chez les personnes exposées et leur descendance,
3 / le lancement d'études biologiques spécifiques sur les personnes exposées (enregistrement des anomalies chromosomiques, dosimétrie biologique, etc..).
Il serait utile, à ce sujet, que soit mis en oeuvre un comité de pilotage regroupant des spécialistes de l'ensemble des disciplines concernées ainsi que des représentants des populations, anciens travailleurs et élus.
Nota : En France la réglementation fixe les limites annuelles à 50 mSv (5 rem) pour les travailleurs et à 5 mSv (0,5 rem) pour la population. La réglementation française ne respecte pas les recommandations de la CIPR (2 rem/an soit 20 mSv/an depuis 1990 = Rappel : Le dernier essai a eu lieu en Polynésie en janvier 1996 !). La réglementation Française est encore restée aux valeurs de......1956 !!!
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Médecins du Monde
Moruroa E Tatou
Observatoire des armes nucléaires françaises
Papeete - Paris. 2 juillet 2003, jour anniversaire de la première bombe française à Moruroa
COMMUNIQUE
Médecins du Monde décide une mission humanitaire pour faire reconnaître les droits des anciens travailleurs des sites nucléaires de Polynésie française.
« Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont reconnu les risques de leurs essais nucléaires, on est étonné de l'entêtement et de l'arrogance des autorités françaises qui restent figées dans la certitude de la propreté des essais nucléaires français. D'autre part, on est frappé de la méconnaissance du dossier par les autorités politiques de Polynésie qui n'ont mis en place aucune action d'assistance et de soutien aux problèmes rencontrés par les travailleurs polynésiens des sites nucléaires de Moruroa et Fangataufa. » Tel est le constat sévère du Dr Michel Brugière, directeur général de Médecins du Monde, au terme d'une première mission exploratoire effectuée en Polynésie française du 16 au 24 juin 2003 à l'invitation de l'association Moruroa e tatou qui rassemble aujourd'hui 1500 anciens travailleurs polynésiens des anciens sites nucléaires. Au cours de son séjour à Tahiti, le Dr Brugière a pu également rencontrer et examiner douze anciens travailleurs dont 10 de la période des essais atmosphériques effectués entre 1966 et 1974. « Si nous étions aux Etats-Unis, trois d'entre eux – et probablement un quatrième après examen complémentaire – auraient leur pathologie reconnue comme ayant un lien avec leur service sur les sites nucléaires. Mais la législation française est inexistante sur ce point. Les gens sont soignés, il est vrai. Cependant les autorités médicales chargées d'attribuer les pensions au titre des maladies professionnelles, se rangent régulièrement derrière le point de vue du Service de Santé des Armées pour refuser ces pensions parce que les autorités militaires affirment que les travailleurs n'étaient pas affectés à des tâches à risques radiologiques » précise le Dr Brugière. Face à ce traitement injuste qui se surajoute à une politique de déni, Michel Brugière a annoncé que :
Médecins du Monde partage et soutien le combat de Moruroa e tatou pour que la France reconnaisse que ses essais nucléaires - en particulier ceux qui ont été effectués en atmosphère – ont eu des répercussions sur l'environnement et la santé des populations des atolls et îles proches de Moruroa et des travailleurs des sites,
Médecins du Monde va installer une mission médicale permanente à Papeete pour évaluer l'état de santé de chaque ancien travailleur et soutenir leurs démarches médicales, sociales et juridiques dans le but d'améliorer leur situation individuelle et pour que soit reconnue l'imputabilité au service,
Médecins du Monde, va soutenir Moruroa e tatou dans sa recherche de la vérité pour que soient réalisés rapidement des tests radiobiologiques auprès d'un échantillon d'anciens travailleurs.
Médecins du Monde : medmonde@medecinsdumonde.org
Moruroa e tatou : moruroaetatou@mail.pf
Observatoire des armes nucléaires françaises : brunobarrillot@obsarm.org
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les Polynésiens : cobayes de la France nucléaire ?
Essais nucléaires atmosphériques : les Polynésiens : cobayes de la France nucléaire ?
Damocles 116-117, été 2005
Il y a 10 ans, le 5 septembre 1995, le premier essai souterrain décidé par Jacques Chirac a provoqué une explosion sociale à Tahiti. « Malgré la fin des essais, la page n'est pas tournée. En effet, les 46 expériences nucléaires dans l'atmosphère effectuées au-dessus de Moruroa et Fangataufa entre 1966 et 1974 constituent aujourd'hui autant de bombes à retardement sanitaires pour la population de Polynésie française », déclare Bruno Barrillot, directeur du CDRPC. Un constat confirmé par l'enquête « Le Cancer du tropique » diffusée ce vendredi 9 septembre par Thalassa sur France 3.
En avril dernier, Damoclès , la revue du CDRPC (Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits) avait dévoilé des documents classés secrets-défense mentionnant des retombées radioactives considérables notamment sur l'île de Mangareva, proche de Moruroa. Aujourd'hui Damoclès poursuit son travail d'information sur les conséquences des essais en publiant le rapport de Bruno Barrillot — « Contribution à la recherche des causes du cancer de la thyroïde en Polynésie » — réalisé dans le cadre de la mission d'expert que le gouvernement de Polynésie française lui a confié le 1 er juillet 2005.
En 2005, le cancer de la thyroïde et les affections thyroïdiennes atteignent quatre fois plus les femmes polynésiennes que les femmes européennes . Sur le Vieux Continent, on incrimine Tchernobyl. En Polynésie, on accuse les essais nucléaires non sans raison. En effet, l'accident de Tchernobyl et les explosions nucléaires éjectaient de l'iode radioactif qui – tous les scientifiques le reconnaissent – a tendance a se fixer sur la glande thyroïde.
Cela, les autorités qui avaient la responsabilité des essais ne l'ignoraient pas, comme le décrit le rapport publié dans Damoclès . Chaque année, de 1966 à 1974, le gouvernement français publiait un document ( Retombées radioactives à la suite des tirs nucléaires en Polynésie ), envoyé à l'ONU, dans lequel les retombées d'iode radioactif sur l'ensemble de la Polynésie étaient décrites et analysées au regard des risques pour les thyroïdes des nourrissons, des enfants et des adultes polynésiens. Bref, on observait sans prendre aucune des mesures de prévention qui, avant 1960, étaient déjà bien connues.
À l'époque, on affirmait bien sûr que c'était sans danger. Aujourd'hui, le ministère français de la Défense persiste et signe. Aux États-Unis, par contre, l'Institut national du cancer reconnaît en avril 2005 , que plus de 500 cancers « en excès » sont dus aux retombées des essais nucléaires américains sur les Îles Marshall entre 1945 et 1963.
« Contrairement aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la Russie, seule la France aurait fait des “essais propres” ? » s'étonne Bruno Barrillot.
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12/06/2006
Conséquences des essais en Polynésie française: Le COSCEN demande plus de transparence au Délégué à la sûreté nucléaire de défense
(Tahitipresse) - Le Conseil d'orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (COSCEN) a présenté, lundi, une analyse des documents de la mission du DSND (Délégué à la sûreté nucléaire de défense), Marcel Jurien de la Gravière, en mai 2006. Le Conseil souhaiterait plus de transparence de la part du DSND au sujet, notamment, des archives des essais aériens, de la liste des anciens travailleurs de Mururoa, etc.
Le Conseil a indiqué que lors de sa visite en Polynésie française, en mai dernier, Marcel Jurien de la Gravière lui a communiqué une série de documents concernant les essais nucléaires à Mururoa et Fangataufa. "Ces brochures ont été présentées par le Délégué comme une contribution à l'histoire des essais nucléaires aériens en Polynésie française et comme une marque de la transparence annoncée par le Ministère de la Défense", a précisé le Conseil dans son rapport d'analyse des documents en question.
Selon le Conseil, Marcel Jurien de la Gravière a apporté des éléments nouveaux sur le déroulement des essais nucléaires en Polynésie française "qui n'ont encore jamais été rendus publics": la désignation des lieux et dates des retombées radioactives mesurées lors des 41 essais nucléaires aériens effectués de 1966 à 1974, la désignation des sites d'immersion de déchets radioactifs au large des îles de Mururoa et de Hao (archipel des Tuamotu), comportant la nature des déchets, leurs niveaux de radioactivité et les poids estimés et une nouvelle présentation des calculs d'impacts dosimétriques de trois essais, respectivement sur Mangareva (archipel des Gambier), Tureia (archipel des Tuamotu) et Tahiti (archipel de la Société, îles du vent).
"L'ensemble de la Polynésie a été atteinte"
"Malgré ces informations nouvelles, le discours sur les 'essais propres' reste inchangé", a souligné l'expert du Conseil d'orientation, Bruno Barillot.
Le rapport du DSND suscite certaines inquiétudes, principalement par rapport aux retombées des essais nucléaires entre 1966 et 1974: 33 retombées ont été enregistrées à Tureia, 23 sur Tahiti, 22 sur Reao et 21 sur Mangareva. "Si ces retombées viennent jusqu'à Tahiti, cela veut dire que l'ensemble de la Polynésie a été atteint", s'est inquiété Bruno Barillo.
Le Conseil se pose également d'autres questions, par exemple au sujet des 532 tonnes de déchets radioactifs qui ont été immergés à Hao. "Qu'a-t-on fait des déchets radioactifs liquides produits à Hao?", se questionne le COSCEN.
Le COSCEN compte envoyer ses recommandations à Marcel Jurien de la Gravière
Dans son analyse, le COSCEN émet plusieurs recommandations au DSND en vue d'une plus grande transparence.
Il souhaite que les archives des essais nucléaires lui soient disponibles et demande la "déclassification" de tous les documents de l'époque des essais aériens. Le Conseil souhaite également que la liste des anciens travailleurs de Mururoa, l'inventaire de la destination des déchets radioactifs produits à Mururoa, Fangataufa et Hao (archipel des Tuamotu) depuis 1982, ainsi que des informations sur les dispositions prises par l'Etat concernant la protection des personnels sur les sites des essais.
Le COSCEN devrait faire parvenir ce rapport d'analyse à Marcel Jurien de la Gravière avant sa prochaine mission en Polynésie française, en septembre ou octobre prochain. "On va lui faire parvenir nos analyses (...), on ne peut pas clore ce dossier comme ça", a déclaré Unutea Hirshon, membre du COSCEN.